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J’ai envie que ce blog soit le reflet complet de mon expérience. Si les moments heureux sont nombreux, et largement relatés ici, je voudrais laisser une trace de ma semaine dernière, plutôt nauséeuse. Point de détails abjects mais plutôt un état d’esprit. J’avais déjà ressenti après le festival de musique, et également les jours passés à Foça, une impression de fin de projet. Lassitude plus que « ras-le-bol », c’est l’impression « d’avoir fait le tour », l’envie de retrouver Alizée pour de vrai, de parler à nouveau français, de revoir les amis, la famille, une vie plus simple parce que dans ma langue et en terre connue. Et puis finalement les événements ont repris leurs cours et les jours ont continué de s’écouler. Enfin jusqu’à lundi dernier.

Alors que mon colocataire Fırat entamait la coupe de mes cheveux, ma tête s’est mise à tourner, la chaleur s’intensifier et mon esprit se troubler. Sans aller jusqu’à tomber dans les pommes, je n’ai pu me rétablir, malgré les pauses, et une visite finale à la polyclinique, histoire d’être sûr que rien ne clochait. Tension, pouls, toutes les fonctions vitales semblaient normalement en place mais mon corps, lui, imposait un repos forcé. Au vu des trois nuits de dix heures que j’ai ensuite enchaînées sans difficulté, je pense que la fatigue n’était pas étrangère à mon état. C’est étonnant pourtant, les seuls cas similaires auparavant étaient des situations de stress, chez certains médecins par exemple. Je ne pense pas que la coupe des cheveux m’est effrayée, il est possible par contre que je me sois mis, tout seul, une certaine pression quotidienne, qui a fini par « exploser ». Évidemment mon rythme est celui d’un volontaire, et ce n’est pas mes 11h-17h  qui vont me tuer, mais mon cerveau a, lui, tendance à être en constante ébullition, et ce, parfois, à tort et à travers. Je veux dire que j’ai tendance à penser chaque sujet pendant des heures, à tordre chaque idée dans tous les sens possibles, sans parler d’un constant souci de bien faire les choses, si ce n’est la peur de mal les faire. Bref, comme me le disait mon frère Manu, « tu te prends un peu trop ma tête ! ». Et je suis persuadé qu’il n’a pas tort, et que vivre un peu plus l’instant présent et sa spontanéité pourrait m’être bénéfique. Et puis même mes « temps morts » et week-ends sont mis à contribution pour avancer des projets personnels, « casse-tête » sans fin, car sans « deadline » fixe. Les projets de « l’Atölye » occupent également une place cérébrale non négligeable. Et finalement il m’apparaissait que ma vie ici, malgré ses horaires flexibles, est, de par son immersion permanente, non-stop, et donc éreintante aussi. Ma tête étant en plus coupée en deux, une moitié ici en Turquie, l’autre avec Alizée à Paris, ça fait beaucoup de choses à gérer.

Bref une sorte d’overdose passagère, rien de très grave, surtout qu’il me reste plein de projets chouettes à mettre en place, de la sérigraphie, un éventuel journal, des murs à peindre et encore quelques week-ends à l’atelier. Et le temps du retour n’est déjà plus très loin. Il me faut donc profiter à fond de ces instants présents que je regretterai sans doute à l’avenir, quoiqu’il soit question que je revienne sur des projets à court terme ! Tout en essayant de garder  un œil sur mon rythme de vie –ordinateur, sommeil, nourriture– afin de profiter pleinement de ces dernières semaines de projets.

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Néanmoins, j’ai quand même du temps pour me cultiver, et j’ai ainsi pu découvrir deux films de François Truffaut, Jules et Jim, et les 400 coups, qui, sans en être complètement fans, sont  assez captivants.

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